dimanche 13 septembre 2015

Un dimanche de septembre à Eliopolis...


Se lever. Entendre un bruit. Voir une épaisse brochure tomber dans sa boîte aux lettres revêtue du logo "PS" avec deux gosses blancs souriants et l'annonce suivante "Nos réalisations 2012-2015".

L'ouvrir. Apercevoir la tête de Di Rupo en page 1 ainsi que l'affirmation suivante dès l'entame du mot d'intro: le but de la ville est d'attirer les investisseurs afin d'offrir les perspectives d'un avenir meilleur pour tous.

Jeter le torchon du parti "de gauche", dégoûté de sa droitisation toujours plus extrême et décomplexée.

Faire quelques courses. Croiser des mecs avec un chasuble PS et un charriot ridicule.

Rentrer au bercail. Découvrir une deuxième brochure dans sa boîte aux lettres. Se dire : "Aucun scrupule à gaspiller l'argent du contribuable"

Aller nager l'après-midi. Pour la première fois depuis un bail. Parce que la "piscine des montois", construite notamment parce que les montois devaient "se taper 3,5 km jusque Cuesmes pou' aller nager" a été établie à... 3,5 km du centre ville, quelque part entre Nimy et Ghlin, dans une zone pas facile d'accès quand on n'a ni voiture ni temps libre, faute de moyens.

Se dire qu'on peut détourner la navette de Mons 2015 qui relie le parking de délestage situé dans les parages de la piscine à la place du parc pour marcher un peu moins sous la pluie.

Surprendre le chauffeur en train de lire un bouquin tellement il s'emmerde : il y a beau avoir des navettes toutes les 8 minutes, même le dimanche, elles ne peuvent pas partir... parce qu'il n'y a personne pour embarquer !

Monter à bord. Constater que le chauffeur est soulagé de pouvoir enfin exercer la mission pour laquelle il est payé.

Atteindre le fameux parking. Voir qu'il est totalement vide et que d'autres navettes attendent en vain des visiteurs. Apprendre que c'est souvent comme ça.

Se rappeler que ce parking à coûté plus de 2,5 millions d'euros payés à la firme Gobert dans laquelle quelques politiciens du coin ont leurs intérêts. Savoir que l'achat a été monnayé pour 4 fois le prix normal du terrain !

Penser à toutes ces lignes de bus supprimées dans le Borinage alors que tant de petites gens les empruntent, faute de capacité financière suffisante pour se payer une voiture.

Se remémorer la volonté de Di Rupo "d'attirer les investisseurs".

Penser une fois de plus "Tu n'es qu'un sale type aux gants de velours !". Se rappeler toutes ces nouvelles taxes entrées en vigueur. Se demander où il ira encore chercher les 1236€ pour payer le précompte immobilier majoré de sa modeste maison délabrée afin de financer MONS 2015. Espérer de tout coeur la chute de ce pâle Néron en fin de règne en 2018...
 
                                                                      

samedi 12 septembre 2015

Un bout de soirée au camping convivial du parc maximilien. Bienvenue dans le vrai monde !

Hier, après ma journée de travail, j'ai passé un moment au camp de réfugiés du parc maximilien, en plein coeur de Bruxelles. Je n'avais pas un grand détour à faire et puis, je voulais comprendre ce qu'il s'y passe vraiment. Parce que la question des réfugiés est devenu le sujet d'actualité qui préoccupe le plus les belges mais que pour beaucoup, cet intérêt cache un ramassis de peurs, de préjugés et de manque de connaissances, que ce soit des procédures d'asile ou de savoirs géopolitiques permettant de cerner le désastre syrien. Hélas, la plupart des médias sont comme ces belges et, loin de les informer pour que la peur laisse place à une analyse rationnelle de la situation, ils agissent comme un miroir déformant qui non seulement reflète les inquiétudes mais en plus les amplifient en les légitimant. A l'ignorance, un seul remède : la connaissance du terrain.  

Je suis donc venu, j'ai vu et j'ai retenu.

Une image souvent donnée par certains médias est celle d'un camping bordélique et insalubre où il se passerait n'importe quoi, une zone d'illégalité dans laquelle des "migrants" - même plus des réfugiés ! -  tendent la main à des bénévoles complètement dépassés. Une horreur en plein Bruxelles que des politiciens-chevaliers-blancs se donneraient pour mission d'évacuer, notamment dans le bien des réfugiés eux-mêmes qui craindraient quelques gouttes de pluie belge après avoir fui les bombes...

Tout cela est profondément ridicule !

Je ne sais pas de quel campement on parle mais ça n'a rien avoir avec celui que j'ai visité...

Première impression une fois arrivé sur les lieux : l'étonnement face à une telle propreté et un tel ordre alors qu'on parle de plusieurs centaines de personnes concentrées dans un parc dépourvu de commodités. Deuxième étonnement : le fait qu'un climat fraternel et bon enfant, presque festif, puisse régner dans une si grande promiscuité, surtout s'agissant de personnes qui ont vécu l'enfer et sont là avec leurs craintes et leurs traumatismes. Or, beaucoup de gens croisés là-bas avaient le sourire.  J'ai même vu des réfugiés syriens se prêter au jeu des photos-souvenirs avec des touristes anglaises qui passaient par là. Certains jouaient de la musique. D'autres faisaient à manger avec les moyens du bord pour leurs semblables. Une personne avec un accent assez prononcé apprenait des mots de français à d'autres qui s'étaient installées autour d'elle.





Bon, je ne suis peut-être pas resté assez longtemps sur les lieux pour y déceler des tensions éventuelles, la bonne dose de souffrance qu'il doit y subsister, la pénibilité de certaines tâches et peut-être le ras-le-bol subséquent, mais on ne peut nier qu'il y a énormément de bonne volonté de la part des réfugiés, qu'ils respectent parfaitement le parc qui les accueille et qu'ils sont très reconnaissants de tous ceux qui les aident.

Et si vous ne me croyez pas et que la situation vous intéresse, bougez-vous, ouvrez vos yeux et allez sur place. Vous verrez la situation d'une autre manière. Parce que ceux qui crient aux barbares et aux envahisseurs derrière leurs écrans, je ne sais pas dans quel monde ils vivent mais en tout cas, ce n'est plus le nôtre et ce monde-là est bien triste et bien sordide !


mercredi 2 septembre 2015

Rentrée "littéraire" 2015 : défendons le droit des lecteurs !


Hier, la récréation sonnait à nouveau après un long silence.
A peine remis d’avoir une nouvelle fois été dégoûté des différentes sagas de l’été,  vous avez peut-être sillonné les rayons de ces temples de la culture que sont les supermarchés – ou même les magasins de meubles façons IKEA ou les grandes chaînes d’électros telles que Média Markt - pour voir quels produits consommables la rentrée littéraire vous réservait cette année... 

A une époque où bafouer le droit des lecteurs ne coûte rien – tandis que porter atteinte au droit d’auteur peut valoir très cher – je me suis dit qu’il serait plaisant de vous résumer ci-dessous l’intégralité du dernier Nothomb qui compte 134 pages en police 14 avec double interligne et marges de 3,5 cm, c’est-à-dire un livre qui compte en réalité 75 pages et … qui vous est vendu comme un roman.
Voici donc ce que j’en ai retenu en le feuilletant :


Chapitre 1
Page 2 : C
Page 3 : E

Chapitre 2
Page 5 : L
Page 6 : I
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Chapitre 3
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Chapitre 4
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Page 16 : C
Page 17 : R
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Page 19 : T

Chapitre 5
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Chapitre 6
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Page 26 : M
Page 27 : E
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Page 29 : L
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Chapitre 7
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Page 36 : H
Page 37 : O
Page 38 : M
Page 39 : B

FIN

Eh oui, je  trolle…
Mais plus les années passent et moins il m’est possible de prendre la rentrée littéraire au sérieux. D’ailleurs, pour le bien des lettres, il me semble que pareille fête commerciale devrait être abolie afin qu’Amélie et les autres puissent avoir un peu plus le temps d’écrire un roman digne de ce nom… s’ils en ont la possibilité et l’envie bien sûr ! 

En attendant, si vous voulez vous mettre du texte sous la dent, vous pouvez vous procurer le Même Pas Peur n°3 spécial rentrée quand vous passerez chez votre libraire. Ses fondateurs, les éditeurs Jean-Philippe Querton (Cactus Inébranlables) et Etienne Van Den Dooren (Edition du Basson) y flinguent d’ailleurs le concept de rentrée littéraire. Egalement au programme : un édito flamboyant du dessinateur Burion, entre constats lucides sur l’école d’aujourd’hui et perspectives humanistes mais aussi un an d’intérim raconté avec franchise par un professeur, une interview décapante de Paul Magnette – un homme qu’il est bon de chatouiller -  ainsi qu’une autre d’un agent de Fedasil pour y voir plus clair sur la crise des migrants dans ce climat puant de droitisation extrême de l’opinion publique, entetenu par une certaine presse. Bref, ces 20 pages sont riches d’indignations, de réflexions, de souvenirs, de fous-rires comme d’amertume mais aussi – et c’est peut-être là l’essentiel – d’une volonté d’élever le débat sur différents enjeux de société importants. 

Si vous voulez rencontrer quelques agitateurs mêmepaspeuriens et débattre avec eux, les portes du Coin aux étoiles - Rue Notre-Dame n°79 à Mons - vous seront d'ailleurs grandes ouvertes ce samedi 19 septembre à 18h.



Puis, si les auteurs belges vous intéressent vraiment, vous pouvez vous tenir informés de l’affaire Patrick Lowie, écrivain et éditeur condamné à payer plus de 15 000€ pour avoir posté un lien sur facebook qui renvoyait ses lecteurs vers le texte d’un livre qui selon lui le diffamait. Il a perdu en appel de cette décision mais est décidé à aller plus loin. Une affaire qui a quelque forts relents idéologiques quand on s’y penche de plus près…
Elle pourrait aussi faire école en matière de décisions judiciaires relatives aux réseaux sociaux. J’y vois en outre un combat entre les droits d’un auteur d’une part et le droit d’auteur de l’autre ou encore entre la propreté intellectuelle et la propriété intellectuelle. Bref, beaucoup d’enjeux intéressants autour de ce chemin de croix imposé à un auteur.


mardi 11 août 2015

Non, nos médias n'ont pas à accueillir toute la connerie du monde !

L'une des plus grandes tragédies d'Internet est sûrement d'avoir permis aux cons de se rendre anonymes.

Vous le savez, : les cons, ça ose tout et c'est à ça qu'on les reconnait. Mais grâce à l'anonymat d'Internet, les cons, ça ose encore plus... Par exemple, en postant
dans les commentaires en-dessous des articles de la presse des louanges illuminées de bêtise à des politiciens populistes qui vivent au-dessus de la masse ou en jouant les justiciers barakis autoproclamés. Pire et beaucoup plus inquiétant, en donnant à leur "racisme ordinaire" un écho atteignant une violence extraordinaire avec des appels aux meurtres à peine masqués.

Hélas, ça ne va pas en s'améliorant avec la foule de malheureux qui périssent en Méditerranée, fuyant des conflits sur lesquels la "presse libre" n'a pas cru bon de nous informer. Alors, dans de telles circonstances, et puisque, vacances oblige, on ne nous informe plus sur la couleur du dernier short de Michèle Martin et qu'on ne cherche pas à nous décortiquer davantage le Tax-Shit de Charlot*, les réfugiés sont devenus, très loin devant les autres, les premiers boucs-émissaires des cons qui se (dés)informent.

Au milieu de merdias complaisants qui voient là une occasion unique de gonfler le nombre de clics sur leurs pages et donc de rentrées publicitaires, la RTBF s'est fendu, cette fois, d'un post remarquable faisant suite au déchaînement de haine en dessous de son article, bien foutu mais au titre malheureusement racoleur : ""La Belgique face à un 'afflux massif de réfugiés'? La réponse en chiffres."


Voici donc le communiqué qui apparait aujourd'hui sur la page officielle de la chaîne publique : 

 

Je n'ai pas l'habitude de faire l'éloge de nos médias et là n'est pas le propos.  Il faut cependant avouer que ça fait du bien de lire autre chose que de la langue de bois face aux propos les plus immondes des cons anonymes. 

Espérons maintenant que d'autres leur emboîteront le pas sans qu'il faille, pour en arriver là, que ces mêmes médias pleurent des agressions xénophobes qu'ils auront eux-mêmes contribuer à légitimer.

Parce que non, nos médias n'ont pas à accueillir toute la connerie du monde ! Il y a plus de place et de surcroît, l'intelligence est en crise... 

Sinon, pour une conclure, un morceau écrit il y a quelques mois sur la situation des réfugiés : 



La Méditerranée devient une nouvelle mer rouge.
Ressentis amers mais il y a rien qui bouge !
Tous victimes d’une même haine, Moïse ou Moussa.
Abracadabra, cette fois l’eau ne s’ouvrira pas.  
Sur les rives, des miradors ont été érigés.
La ruée vers l’or, c’est vers l’Afrique qu’elle se fait.  
Fuck l’argent-roi,  chez lui sans aucun passeport !
Quand des gens se noient, l’Europe n’a aucun remord.

En France, Marine a remplacé Marianne sans peine.  
Dans ce dédale politique, qui trouvera le jardin d’Eden ?
Il faut encore s’indigner et garder la tête haute
Car un homme n’en vaudra jamais plus qu’un autre
Quand Bagbo s’fait renverser pour quelques gros pétroliers,
Quand Boko Haram massacre des dizaines d’écoliers,
Les mieux lotis d’entre nous, ils s’en contrefoutent
Le slogan de l’époque c’est coûte que coûte.

Eldorado
La crise a bon dos
Ils veulent des immigrés riches et bien formés
Ils auront la colère des prolétaires du monde entier

Voir derrière chaque basané un barbu en puissance,
Oublier que les réfugiés sont victimes de l’ignorance,
Haine de l’Islam, agressions passées sous silence,
Quand la banlieue crame, parler d’Daech est un non-sens !
Le peuple est dans la dèche, ici ou ailleurs
Qu’y-a-t-il de mal à vouloir un avenir meilleur ?
On dit que les blancs s’expatrient, que les autres immigrent
Les mots ne sont pas innocents, j’espère que tu piges !

La guerre menée au nom de la démocratie signifie :
S’allier au plus mauvais pion contre un dirigeant pourri.
Le monde tourne pas rond, y a des requins dans chaque coin,  
Course au pognon pour des porcs qui ont d’la coke plein l’groin !
J’représente les grands-pères morts au fond de la mine
Tous les pauvres hères résignés à leur sort et qui triment
J’serai pas comme tous ces larbins se rêvant bourgeois
A quoi bon rejeter la faute sur plus mal loti que soi ?

Eldorado
La crise a bon dos
Ils veulent des immigrés riches et bien formés
Ils auront la colère des prolétaires du monde entier


Eldorado
Cette fois, c’en est trop
Pense à tous les pays que l’Europe pille encore
Puis vois tous ces migrants livrés à leur sort

Crois-tu qu’on te vole un travail qui n’existe pas ?
Crois-tu vraiment qu’il faut être rebeu pour être une caillera ?
Y a tous ces crimes dont les médias ne parleront pas
Y a cet abime entre ce qu’on dit et ce qui se passe là-bas

Eldorado
La crise a bon dos
Ils veulent des immigrés riches et bien formés
Ils auront la colère des prolétaires du monde entier

Eldorado
Cette fois, c’en est trop
Pense à tous les pays que l’Europe pille encore
Puis vois tous ces migrants livrés à leur sort




* Si ça vous intéresse, j'ai fait une analyse là-dessus :  7 choses savoir sur le tax shit de Charles Michel

mercredi 5 août 2015

Le Crédo de Bruxelles



Les temps changent, les pouvoirs aussi. Mais ce sont toujours les dogmes qui gouvernent. Voici le Crédo de Bruxelles :



Je crois en une seule Economie, le Marché tout-puissant, créateur de l’emploi et des investissements, de toutes les offres et toutes les demandes.

Je crois en un seul Penseur, Adam Smith, l’unique théoricien du Marché, et en ses nombreux disciples qui incitent les riches à s’enrichir davantage pour porter l’Humanité.

Je crois en la Main Invisible, qui est Science et qui donne des profits ; elle procède du Marché et d’Adam Smith. Elle a parlé par les hommes politiques et par elle, tout a été fait.

Je crois en l'Entreprise, hiérarchisée, immorale et monopolistique.

J’impose tous les jours aux peuples un carême que je nomme Austérité.

J'attends la reprise de la Croissance et le jugement dernier des chômeurs.


Amen


vendredi 31 juillet 2015

Nouveau blog.

Cher visiteur,

Si tu t'égares ici, sache que pour le moment, il y a encore assez peu de choses à lire. 

Mais cela va changer : en effet, ce blog a une double vocation. Premièrement, il a été créé pour permettre aux internautes de pouvoir retrouver en quelques instants toutes les infos me concernant. C'est en quelque sorte une carte de visite et un condensé de mes six années d'activités militantes et littéraires. 
Deuxièmement, ce blog se veut aussi une plateforme d'échanges où l'on pratique le franc-parler dans la bonne humeur. Ainsi, les coups de gueules et les tranches de vie appellent vos réactions.
 

N'hésitez pas à me laisser un petit mot lors de votre passage, ça fait toujours plaisir !

Florian 



mardi 28 juillet 2015

7 choses à savoir sur "le tax-shit" de Charles Michel



1)  Horreur ! Malheur ! Le tax-shit déclare la guerre aux mots en « eur »… Mais attention, pas à tous !

Après l’intensification de la chasse aux chômeurs, Charlot a décidé de s’en prendre aux buveurs, aux fumeurs, aux chauffeurs, aux livreurs, aux auteurs, dessinateurs et autres créateurs, ainsi qu’à diverses catégories de consommateurs (forcés). 

On imagine déjà le fils Michel nous faire prochainement une de ces sorties dont il a le secret pour nous dire qu’il ne ménagera pas les détenteurs de plusieurs percolateurs ou les férus d’ordinateurs... C’est qu’on en viendrait presque à penser que le champion de la cours de récré est humoriste à ses heures !  

Mais ce n’est pas tout : le gouvernement nous signale également qu’un régime spécifique est prévu pour statuer sur le sort des fraudeurs : les plus gros d’entre eux pourront en effet bénéficier d’une nouvelle amnistie fiscale et ne plus être inquiétés, même pour des millions détournés. Attention, cependant ! S’ils recommencent à être méchants, ils perdront la nationalité belge à laquelle ils tiennent certainement beaucoup…
En effet, le truc le plus élémentaire du métier consiste à changer de pays dès qu’on est démasqué, à transférer tous ses comptes ailleurs et à recommencer…

Gageons également que les nationalités monégasque, liechtensteinoise ou, sans aller jusque-là, luxembourgeoise présentent pour cette gente-là un attrait plus important.
 Ben quoi, avoir une nationalité dans laquelle on entend les mots « luxe » et « bourgeois », ça en jette quand même pas mal, non ?

Vous l’avez compris : certains seront épargnés par le régime de terreur envers les mots en « eur ».
Ainsi, si vous êtes un menteur, un manipulateur un arnaqueur ou un vrai profiteur, vous ne devez absolument pas avoir peur…


   2) Le tax-shit augmente la TVA sur l’électricité mais les entreprises seront épargnées...

Encore une fois, la rage taxatoire ne vise pas tout le monde.

Non seulement, Charlot va réduire les cotisations sociales des entreprises de 8% - du jamais vu – mais en plus il va leur épargner certaines mesures qui ne viseront que les ménages. Ainsi en est-il de la hausse de la TVA sur l’électricité.

Voyons comment. Quand tu es "patron", que tu sois Norbert le sympathique libraire ou un harceleur minable comme Mittal, tu disposes forcément d’un numéro de TVA à ton nom ou à celui de ta société.
Ce numéro permet de récupérer la TVA sur les biens et les services payés. Alors bien sûr, il faut d’un autre côté la restituer à l’Etat quand elle est perçue sur un bien ou un service fourni par l’entreprise. Il n’empêche : les sociétés et les patrons ont droit à une sorte de compensation, pour laquelle le citoyen lambda peut aller se brosser – ou se faire voir en Grèce.
Donc, la TVA pourrait encore passer à 30% que ce seraient les ménages qui en subiraient l’essentiel du coût.    

« Ouais, mais en matière d’électricité, on reviendra juste à la situation d’il y a quelques années » me dira-t-on.
Sauf que non. La baisse de la TVA avait été votée sous la précédente législature pour rééquilibrer un peu la facture après la flambée des prix de l’énergie. C’était une nécessité et comme on dit « Nécessité fait loi. » Apparemment, pas pour Charlot.

C’était pourtant pas « l’heure du bon sens » avec le MR ?

   3)  L’Augmentation de la « TVA » peut être traduite par « Encore plus de Triple Vol Autorisé ».

Là, accrochez-vous bien.   Je vais devoir vous faire une petite démonstration. Le genre de truc qui tient de la logique pure mais que vos cours de sciences éco ne vous auront pas appris. On y va !

Alors, pour commencer, si vous avez un emploi – ou que vous en avez eu un – vous avez certainement capté que la plupart du temps, si on vous engage et qu’on vous garde, c’est parce que vous créez plus de valeur que vous ne coûtez d’argent à l’entreprise.
En fait, vous percevez une partie seulement de la valeur que vous créez, sous la forme d’un salaire et « d’avantages » divers et variés.  Ça, c’est le « premier vol » que vous subissez ! Il est inscrit dans la nature même du capitalisme.  

Ensuite, quand le système fait de vous, travailleur, un consommateur parmi d’autres, vous payez cette fameuse « Taxe sur la valeur ajoutée » sur les biens et les services que vous achetez.
Or, qui l’a produite cette valeur ?  Des gens qui travaillent. Pas comme Charlot et ses amis. Non, des gens qui travaillent dans les industries capitalistes sous des conditions parfois pénibles.
Donc, non seulement vous ne bénéficiez pas entièrement de la valeur que vous créez mais en plus, on peut vous la faire payer plus d’une fois.  Ça, c’est le  « deuxième vol » rendu possible par l’existence de la TVA !

Au final, vous débourserez une somme exorbitante pour une marchandise ou un service qui en vaut rarement plus du quart, en termes de valeur réelle.  Ça, c’est le troisième vol que chaque consommateur subit.

Vous comprenez maintenant pourquoi la TVA est l’une des formes d’impôt les plus injustes qu’il soit ?
Et Charlot et sa bande, eux, ne trouvent rien de mieux que d’augmenter ce triple vol autorisé !  

   4)  Les « 100€ de plus par mois pour les bas et moyens salaires » sera peut-être élue « Promesse non tenue du siècle ».

En effet ! Annoncer ça, c’est digne d’une promesse électorale d’un parti populiste qui ratisse encore plus large que la NV-A.
Mettre concrètement en œuvre une réforme fiscale de cet ordre, par contre, c’est plus compliqué.

La Belgique, avec son nombre de niveaux de pouvoir digne d’un hachis-parmentier de compétition, est pleinement exposée « à l’effet papillon ». Bouger une seule variable du calcul de l’impôt, c’est influer sur le fonctionnement – et l’équilibre – entier du pays.

Difficile que cela mette tout le monde d’accord… Surtout quand on avait promis de ne pas faire de communautaire !

   5)  Charlot et son équipe ne savent pas ce que sont « Les bas et moyens salaires » puisque leur promesse vise les salaires compris entre 2000€  et 2400€ brut par mois.

Les médias dominants aiment vous parler en termes de salaire brut pour vous donner l’illusion que vous êtes mieux loti que vous ne le pensez.
Entre 2000€ et 2400€ brut par mois signifie concrètement un salaire net de 1400€ à 2050€ sur votre compte. (Le premier montant concerne une personne isolée sans enfant à charge avec un salaire brut de 2000€, le second une personne ayant plus de trois enfants à charge ou des enfants handicapés et touchant 2400€ brut par mois…)

Pour Charlot et sa bande, il existerait donc une classe de pauvres et une prétendue classe moyenne que l’on retrouverait dans cette fine tranche de revenus-là.
Vous en conviendrez : considérer que les « bas et moyens salaires »  se contiennent entre ces montants-là, c’est peut-être l’aspect le plus ridicule du tax shit, le type même d’élément qui nous montre que ni Charlot ni sa bande de politiciens bourgeois ne savent de quoi ils parlent quand ils évoquent « les bas et moyens salaires ».

Elio était borgne, Charlot, lui est complètement aveugle. Il ne sait sans doute pas que des gens qui ont son niveau d’étude gagnent parfois moins de 1400€ net, tout simplement parce qu’ils ont pris le taf qu’ils trouvaient, pour subvenir à leur existence et/ou à celle de leur famille. Il ne sait certainement pas non plus qu’en-dessous d’eux, il y a encore des intérimaires corvéables à merci pour 1500 à 1800€ brut par mois. Ils ne font pas partie des bas salaires tous ceux-là ? Apparemment non, puisqu'ils ne bénéficieraient pas de la dite mesure des "100€ de plus en salaire poche". 

Sinon, que dire encore d’une personne célibataire et sans enfants à charge qui touche 2500€ brut par mois (et donc concrètement 1700€ net dans son portefeuille). Peut-on la qualifier de « riche » à une époque où un loyer pour un simple appartement sur la capitale avoisine les 1000€ par mois ?  

Charles Michel nous apprend pourtant qu’elle ne ferait pas partie des « bas et moyens salaires ».


   6)  Quand bien même cette augmentation de 100€ par mois aurait lieu pour un faible pourcentage de salariés, c’est au final eux qui la paieraient !

En fait, le gouvernement utilise une formule trompeuse. Ce dont il parle, ce n’est pas d’augmenter réellement votre salaire « le net et le brut » mais bien d’augmenter seulement le net, le brut restant inchangé.

Ce seront autant d’euros qui n’iront pas dans les caisses des services publics. Dès lors, tout va augmenter : les hôpitaux, l’école soi-disant gratuite, les transports en commun, …

Donc ce que certains gagneront d’un côté, tout le monde le perdra de l’autre.



   7)  Des idées piquées à la droite radicale américaine.

Si vous m’avez lu attentivement, vous devez comprendre la logique de Charlot : financer la réduction des cotisations sociales des entreprises par des taxes supplémentaires sur la consommation. Ainsi, les pauvres écrasés par le poids des mille et une taxes qui grèvent la vie quotidienne contribueront à alléger « le lourd fardeau des entreprises ».

Supprimer tout impôt autre que la TVA est en fait une des mesures prônées par le Parti libertarien, une nouvelle formation dans le paysage politique belge directement inspirée par l’idéologie « lbertarienne » en vogue aux Etats-Unis.
Ces dernières années ont en effet vu, Outre-Atlantique, l’émergence des « Tea Party ». Vous savez, ces groupes d’ultra-conservateurs qui veulent renouer avec l’Amérique des pionniers quitte à aller loin dans l’absurde. Ils se sont ainsi distingués en comparant Obama à Hitler, quand le président américain a tenté de mettre en place un rudiment de sécurité sociale pour les soins de santé...

On sait en tout cas que c’est le rêve de cette droite radicale-là : un système où les pauvres contribueraient à financer un Etat réduit à son rôle de gendarme plutôt qu’à cotiser pour des services publiques dont ils pourraient aussi bénéficier.

Avec ce« tax shit », Charlot et sa bande pas très nette de flamingants austères prouvent juste qu’ils font un pas dans cette direction-là. A nous maintenant de faire en sorte que la route pour eux soit longue et qu'ils se crashent au premier tournant.