samedi 22 août 2015

Mort d’Alain Dechamps : quand Sud Presse fabrique des martyrs et appelle à une manif pour plus de mesures sécuritaires.


Ce 9 août, un homme de 48 ans mourrait à Mons dans des circonstances troubles.
Ce couvreur à son compte, en tout cas officiellement, a été victime d’une bagarre dans le centre-ville entre deux groupes d’individus. Alors que la rixe dégénérait, un des protagonistes a écrasé la victime avec son véhicule, comme cela se passe dans les films lors d’un règlement de compte. Ensuite, la personne a pris la fuite avant de se rendre, le lendemain, à la police. Elle a été entendue et vite relaxée car le juge a estimé que sa conduite relevait d’une infraction à la circulation routière, sur base de sa déposition évoquant un accident, ce qui est contredit par d’autres témoins. 

Très vite, Sud Presse s’empare de l’affaire, y allant de manière bien plus racoleuse et outrancière que les autres médias qui ont relayé le fait divers (la Dernière Heure, Vers l’Avenir et RTL-TVi). On parle d’un homme « agressé et achevé sans aucune pitié » dont la famille serait laissée aux prises avec une justice odieuse. Et les internautes de renchérir dans les commentaires réclamant moins de laxisme, plus de flics, des peines incompressibles et tout l’arsenal habituel de mesures autoritaires. Le cheminement de ce genre de médiatisation est connu ; les réactions des lecteurs aussi. Cette fois cependant, cela va plus loin : après nous avoir narré chaque épisode du drame vécu par la famille de la victime, Sud Presse annonce l’organisation d’une manifestation dans les rues de Mons pour réclamer plus de mesures sécuritaires dans cette ville qui vient pourtant de se ruiner en construisant deux commissariats supplémentaires. Elio Di Rupo sera d’ailleurs pris à partie. Tout cela en mémoire du défunt, Alain Dechamps, « un homme bon, droit et toujours honnête, à tout point de vue. » 

Le storytelling médiatique le veut ainsi : il y a les bons et les méchants. Encore plus quand la mort des bons doit servir à défendre des revendications très droitières.

A ce stade-ci de la lecture, vous demandez peut-être, fort à propos, pourquoi écrire un article sur le sujet des petits jeux malsains de la presse de droite déjà abordé précédemment dans « Non, nos médias n'ont pas à accueillir toute la connerie du monde ! »     

C’est simple : la victime, je la connaissais. Et pas du tout comme « un homme honnête en tout point », loin de là ! Je le précise d’emblée : l’idée de ce billet n’est pas de salir la mémoire d’une personne décédée mais de montrer comment le storytelling médiatique fonctionne. Cela me semble d’autant plus nécessaire que la mort d’Alain Dechamps est en phase de donner lieu à une marche contre l’insécurité et nous savons fort bien que ce genre de mobilisation, si elle émane souvent de citoyens, subit en général les tentatives d’infiltration de groupes liés à l’extrême-droite.

Reprenons : je connaissais la victime sous un tout autre jour dans le cadre de ses activités professionnelles de couvreur. J’ai d’ailleurs appris sa mort, sans toutefois en connaître la portée tragique, après avoir essayé de joindre son entreprise une énième fois, ce 15 août après avoir découvert de nouvelles malfaçons et camouflages manifestes dans ma toiture.  
Tout a commencé en octobre dernier, je faisais appel à son entreprise AD toitures, me fiant à l’avis d’un voisin satisfait. Bien mal m’en a pris : aujourd’hui, les infiltrations d’eaux sont plus nombreuses qu’avec les anciennes tuiles vétustes et vu ce que vous allez lire, vous comprendrez que les dégâts se chiffrent à plusieurs milliers d’euros. Un litige nous oppose depuis maintenant près de huit mois car il ne s’agit pas de malfaçons ordinaires mais de malhonnêteté pure et simple. Corniche mise de travers, déjà bouchée et abîmée, bois pourri camouflé sous de l’enduit noir quand AD Toitures m’avait juré « que tout avait été enlevé », charpente en chêne massif en train de blanchir et de se désagréger.

Le « couvreur à son compte », contrairement à ce qui avait été avancé n’était jamais sur le chantier et toujours en vacances. Il employait en outre ses ouvriers au noir et ceux-ci avaient planqué leurs nombreuses cannettes de bière sous nos effets personnels. Le dernier jour des travaux, une fuite importante a été signalée au niveau de la lucarne. Les ouvriers se sont chargés de « la réparer ». J’ai pu constater qu’en effet, sur le moment, la poutre ne perçait plus.   

Malgré que l’attitude de cet entrepreneur posait déjà question au moment des travaux, je lui ai payé son dû à la fin du délai laissé par la facture de clôture. En effet, étant moi-même « bon, droit et toujours honnête, à tout point de vue », je ne voyais pas pourquoi je devrais refuser de  m’acquitter de la somme finale étant donné que plus aucune fuite n’était à signaler, que la corniche fonctionnait et que les poutres n’avaient pas encore commencé à pourrir.  

Mauvaise idée. Peu à peu, les problèmes ont commencé à apparaître. J’ai réussi à joindre l’entrepreneur qui, face à mon mécontentement, m’a promis de faire revenir ses hommes. J’ai pris congé le jour convenu. Pour rien. Je l’ai rappelé, lui ai envoyé des mails, ai laissé des messages sur son répondeur. Jamais aucune réponse ! Sauf la fois où je l’ai voulu le contacter avec un autre numéro de téléphone. Conscient de son coup, le filou ne décrochait plus quand il voyait mon numéro…


 Quelques canettes parmi d'autres pour commencer...











Une poutre maîtresse au-dessus de la lucarne qui s'est complètement désagrégée sous l'effet des fuites. L'autre poutre, en chêne massif, a entièrement blanchi.
Là où la poutre est plus sombre, il s'agit d'une tâche d'humidité suite à une nouvelle fuite. Si nous n'agissons pas, cette poutre connaîtra le même sort que les deux autres plus haut.
La corniche neuve, ayant coûté des milliers d'euros, déjà bouchée et mal en point. 










Devant ma menace de m’en référer au médiateur – tous les échanges avaient été conservés en plus des photos ci-dessus– un ouvrier est venu inspecter, a dit que « le patron faisait vraiment n’importe quoi » et que le préjudice serait réparé.
J’ai pris et repris contact. C’était à nouveau silence radio. Excédé, j’ai fini par introduire une plainte auprès du médiateur fédéral.
Samedi dernier, face à l’apparition d’une nouvelle fuite, j’ai tenté une nouvelle fois de composer le numéro de gsm de l’entrepreneur. J’ai eu cette fois une réponse : c’était le fils qui m’apprenait la mort du père (avant de me raccrocher au nez et de me prier d’aller me faire foutre avec mes problèmes de toiture).

Voilà le comportement de l’homme « bon, droit et toujours honnête, à tout point de vue »  décrit par Sud Presse.
Bien sûr, une telle attitude reflétant une malhonnêteté patente, ne m’amène en rien à me réjouir de la mort de cet homme. Au contraire, je souhaiterais qu’il soit vivant et face à moi, devant un tribunal qui le condamnerait à me payer les milliers d’euros de préjudice subi. Hélas, Monsieur Dechamps n’est plus. Victime parmi d’autres d’une société toujours plus violente, il nous a quittés. Et voici à présent que Sud Presse en fait un martyre de l’insécurité pour lequel nous devrions tous nous lever, tant il est anormal qu’un être aussi « innocent » que lui  meure de façon brutale.

Imaginons maintenant tous un instant un lecteur lambda de Sud presse. Il vit dans un monde où les criminels courent les rues et rient au nez de la police. Un monde où les victimes sont constamment malmenées par les autorités et où les coupables voient rarement la prison, surtout s’ils sont pédo-salafistes-sans-papiers. Dans un tel monde, il peut être tentant de faire justice soi-même. Imaginons maintenant le même lecteur, un peu éméché, avec une bande de copains, qui tombe sur Alain Dechamps et ses amis de retour de soirée et, excédé, se met à crier : « Eh, c’est l’escroc qui a foutu mon toit en l’air ». Les choses pourraient très vite dégénérer…

Evidemment, nous ne connaissons pas la motivation des bagarreurs. Une enquête est en cours et ce que j’évoque ici n’est qu’une hypothèse destinée à faire réfléchir mes lecteurs sur l’influence qu’une presse racoleuse peut exercer sur ses lecteurs à elle.  

Après m’être fendu d’un statut préalable à cet article sur le cas « Alain Dechamps », j’ai moi-même du me retirer de facebook après avoir reçu des menaces telles que  « Ton nom es sur face. Fais gaf à toi pd ».
Celui qui me lit imaginera sans peine que si ces êtres raffinés avaient été dans ma situation, au lieu d’en tirer une analyse sur le rôle malsain des médias dans l’apologie de l’auto-justice, ils auraient sans doute commenté « bi1 fait conard », en apprenant la mort d’Alain Dechamps…  

mardi 11 août 2015

Non, nos médias n'ont pas à accueillir toute la connerie du monde !

L'une des plus grandes tragédies d'Internet est sûrement d'avoir permis aux cons de se rendre anonymes.

Vous le savez, : les cons, ça ose tout et c'est à ça qu'on les reconnait. Mais grâce à l'anonymat d'Internet, les cons, ça ose encore plus... Par exemple, en postant
dans les commentaires en-dessous des articles de la presse des louanges illuminées de bêtise à des politiciens populistes qui vivent au-dessus de la masse ou en jouant les justiciers barakis autoproclamés. Pire et beaucoup plus inquiétant, en donnant à leur "racisme ordinaire" un écho atteignant une violence extraordinaire avec des appels aux meurtres à peine masqués.

Hélas, ça ne va pas en s'améliorant avec la foule de malheureux qui périssent en Méditerranée, fuyant des conflits sur lesquels la "presse libre" n'a pas cru bon de nous informer. Alors, dans de telles circonstances, et puisque, vacances oblige, on ne nous informe plus sur la couleur du dernier short de Michèle Martin et qu'on ne cherche pas à nous décortiquer davantage le Tax-Shit de Charlot*, les réfugiés sont devenus, très loin devant les autres, les premiers boucs-émissaires des cons qui se (dés)informent.

Au milieu de merdias complaisants qui voient là une occasion unique de gonfler le nombre de clics sur leurs pages et donc de rentrées publicitaires, la RTBF s'est fendu, cette fois, d'un post remarquable faisant suite au déchaînement de haine en dessous de son article, bien foutu mais au titre malheureusement racoleur : ""La Belgique face à un 'afflux massif de réfugiés'? La réponse en chiffres."


Voici donc le communiqué qui apparait aujourd'hui sur la page officielle de la chaîne publique : 

 

Je n'ai pas l'habitude de faire l'éloge de nos médias et là n'est pas le propos.  Il faut cependant avouer que ça fait du bien de lire autre chose que de la langue de bois face aux propos les plus immondes des cons anonymes. 

Espérons maintenant que d'autres leur emboîteront le pas sans qu'il faille, pour en arriver là, que ces mêmes médias pleurent des agressions xénophobes qu'ils auront eux-mêmes contribuer à légitimer.

Parce que non, nos médias n'ont pas à accueillir toute la connerie du monde ! Il y a plus de place et de surcroît, l'intelligence est en crise... 

Sinon, pour une conclure, un morceau écrit il y a quelques mois sur la situation des réfugiés : 



La Méditerranée devient une nouvelle mer rouge.
Ressentis amers mais il y a rien qui bouge !
Tous victimes d’une même haine, Moïse ou Moussa.
Abracadabra, cette fois l’eau ne s’ouvrira pas.  
Sur les rives, des miradors ont été érigés.
La ruée vers l’or, c’est vers l’Afrique qu’elle se fait.  
Fuck l’argent-roi,  chez lui sans aucun passeport !
Quand des gens se noient, l’Europe n’a aucun remord.

En France, Marine a remplacé Marianne sans peine.  
Dans ce dédale politique, qui trouvera le jardin d’Eden ?
Il faut encore s’indigner et garder la tête haute
Car un homme n’en vaudra jamais plus qu’un autre
Quand Bagbo s’fait renverser pour quelques gros pétroliers,
Quand Boko Haram massacre des dizaines d’écoliers,
Les mieux lotis d’entre nous, ils s’en contrefoutent
Le slogan de l’époque c’est coûte que coûte.

Eldorado
La crise a bon dos
Ils veulent des immigrés riches et bien formés
Ils auront la colère des prolétaires du monde entier

Voir derrière chaque basané un barbu en puissance,
Oublier que les réfugiés sont victimes de l’ignorance,
Haine de l’Islam, agressions passées sous silence,
Quand la banlieue crame, parler d’Daech est un non-sens !
Le peuple est dans la dèche, ici ou ailleurs
Qu’y-a-t-il de mal à vouloir un avenir meilleur ?
On dit que les blancs s’expatrient, que les autres immigrent
Les mots ne sont pas innocents, j’espère que tu piges !

La guerre menée au nom de la démocratie signifie :
S’allier au plus mauvais pion contre un dirigeant pourri.
Le monde tourne pas rond, y a des requins dans chaque coin,  
Course au pognon pour des porcs qui ont d’la coke plein l’groin !
J’représente les grands-pères morts au fond de la mine
Tous les pauvres hères résignés à leur sort et qui triment
J’serai pas comme tous ces larbins se rêvant bourgeois
A quoi bon rejeter la faute sur plus mal loti que soi ?

Eldorado
La crise a bon dos
Ils veulent des immigrés riches et bien formés
Ils auront la colère des prolétaires du monde entier


Eldorado
Cette fois, c’en est trop
Pense à tous les pays que l’Europe pille encore
Puis vois tous ces migrants livrés à leur sort

Crois-tu qu’on te vole un travail qui n’existe pas ?
Crois-tu vraiment qu’il faut être rebeu pour être une caillera ?
Y a tous ces crimes dont les médias ne parleront pas
Y a cet abime entre ce qu’on dit et ce qui se passe là-bas

Eldorado
La crise a bon dos
Ils veulent des immigrés riches et bien formés
Ils auront la colère des prolétaires du monde entier

Eldorado
Cette fois, c’en est trop
Pense à tous les pays que l’Europe pille encore
Puis vois tous ces migrants livrés à leur sort




* Si ça vous intéresse, j'ai fait une analyse là-dessus :  7 choses savoir sur le tax shit de Charles Michel

mercredi 5 août 2015

Naissance éventuelle du Mouvement M.E.R.D.E. à Mons





Tu es un citoyen montois honnête, un peu trop d’ailleurs.
Tu vis dans un quartier où, pendant des mois, des étudiants petits-bourgeois ont sorti leur poubelle n’importe quand, avec n’importe quoi dedans et surtout, devant ta porte.
Récemment, tu as reçu une sanction administrative, au nom de « La Charte du respect de l’Autre » parce que tu avais sorti tes poubelles au matin le jour de la collecte, même si Hygea l’autorise explicitement dans son règlement.
Là, tu as décidé de consacrer un jour de « congé » à vider tes deux beaux greniers remplis de mètres cubes de crasse. Tu sais que tu pourrais te contenter de mettre tout ça sur le trottoir devant chez toi et d’attendre que la ville ramasse gratuitement, comme le font les étudiants. Tu sais aussi que si un flic venait te menacer, t’aurais qu’à dire « c’est pas moi », que même si on te flanquait une amende de plus, ça tiendrait pas devant le conseil d’Etat vu qu’il n’y a pas ton nom dedans, contrairement à cette putain de caisse de carton propret sortie le matin du jour de la collecte.
Tu sais tout ça mais tu es honnête. Alors, tu as loué une remorque. Tu as payé. Cher. Tu as fait des démarches pour avoir une carte d’usager du parc à conteneurs. Chères. Beaucoup plus que dans toutes les autres communes où résident ta famille et tes amis. Après, pendant huit heures d’affilée, tu as trié bois, lattes de plastique, gravats et métaux. Tu as porté des sacs de cinquante kilos. Tu as rempli l’énorme remorque. La première fois, les agents du parc à conteneurs avaient déjà de grands yeux parce que ta remorque était pleine. La seconde fois, ils t’ont menacé, t’ont volé de ton précieux temps avec leurs discours incohérents d’imbéciles incompétents. C’est là que tu as compris que ton jour de congé serait sacrifié sans aboutir à l’objectif fixé. Que tout ne serait pas embarqué même si tu avais sué sang et eaux neuf heures durant.
Alors, tu as été en colère. Très en colère. Tu as pensé à quelque chose qui te faisait rire, dans un livre de l’excellent auteur Eric Dejaeger, La saga Maigros, qui parle d’un type abject et répugnant, d’une bêtise crasse, promu inspecteur principal à la police de Charleroi au nom des seules affinités de sa famille avec des élus locaux. Dans ce livre, il y avait une ligne qui t’avait énormément marqué. On y parlait de M.E.R.D.E., le Mouvement pour l’Egalité et le Renouveau d’une Démocratie Equitable. M.E.R.D.E, c’était une joyeuse bande d’activistes qui balançait du purin sur leurs cibles.
Tu te dis alors que dans cette putain de ville de Mons, ce serait génial que la blague se concrétise et voie le jour. Mieux ! Tu es convaincu qu’il faut que le dit « Mouvement M.E.R.D.E. », qui ne serait nullement un parti, présente une liste en 2018 aux prochaines élections communales pour permettre au moins à de nombreux citoyens de réaliser enfin l’un de leurs rêves : Voter M.E.R.D.E.
Tu vois déjà l’affiche, un simple pictogramme, représentant le traditionnel bonhomme qui jette un papier dans une poubelle. La différence ? Le papier en question serait un « Nœud papillon » ! Le slogan sous cette image serait simple : « Votez M.E.R.D.E., c’est respecter vos concitoyens. »
Tu as des scrupules. Tu sais que certains conseillers communaux de l’opposition essaient de changer les choses face à la loi d’airain de la majorité PS-MR, ce même couple infernal qui torture un grand nombre de communes de Wallonie.
Tu ne veux pas jouer le jeu de la division qui affaiblirait encore plus cette frêle résistance. Mais tu sais qu’elle n’a pas réussi à faire bouger les lignes dans la cité du Doudou. Alors, tu te dis que tu vas y réfléchir et tu demandes l’avis de ceux qui te suivent : Seriez-vous prêts à soutenir une liste M.E.R.DE. à Mons, une liste qui dénoncerait, avec humours et avec des valeurs progressistes, des problèmes sérieux que vivent tous les honnêtes citoyens montois ?
Le débat est lancé. Di Rupo, nous ne baisserons pas les armes.
Sur ce, après neuf nouvelles heures d’efforts vains, je me décapsule une de ces splendides « Guiness Spécial Export », bière au parfum de café  dont raffolent mes amis africains…



Le Crédo de Bruxelles



Les temps changent, les pouvoirs aussi. Mais ce sont toujours les dogmes qui gouvernent. Voici le Crédo de Bruxelles :



Je crois en une seule Economie, le Marché tout-puissant, créateur de l’emploi et des investissements, de toutes les offres et toutes les demandes.

Je crois en un seul Penseur, Adam Smith, l’unique théoricien du Marché, et en ses nombreux disciples qui incitent les riches à s’enrichir davantage pour porter l’Humanité.

Je crois en la Main Invisible, qui est Science et qui donne des profits ; elle procède du Marché et d’Adam Smith. Elle a parlé par les hommes politiques et par elle, tout a été fait.

Je crois en l'Entreprise, hiérarchisée, immorale et monopolistique.

J’impose tous les jours aux peuples un carême que je nomme Austérité.

J'attends la reprise de la Croissance et le jugement dernier des chômeurs.


Amen